Entre 2 mondes (II)

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Auschwitz, Pologne

Il peut aussi y avoir de belles histoires de pardon. Celle de Eva Mozes et Rainer Hoess. Eva Mozes était avec sa soeur jumelle des sujets d’expériences du doctor Mengele. Elle a survécu. Rainer Hoess est le petit fils de Rudolph Hoess (Hoss) qui était le chef du camp d’Auschwitz. Rainer a coupé tous les ponts avec sa famille. Une rencontre entre une rescapée et le petit fils du nazi responsable de ses maux a conduit Eva Mozes à adopter Rainer Hoess. Plus de barbeles, plus de 2 mondes. Dans le même esprit, je vous invite à lire le livre ou voir le film « Le garçon au pyjama rayé ».

 


 

 

Chambre à gaz

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Auschwitz, Pologne

1ère photo : La seule chambre à gaz et ses fours crématoires intactes ( Auschwitz I ). En avant plan la potence construite pour pendre Rudolf Hoss, responsable du camp d’Auschwitz,après le procès de Nuremberg (1947). A ne pas confondre avec Rudolf Hess qui est mort pendu dans sa prison en 1987 

2ème photo :  On est dans la chambre à gaz et c’est la trappe par laquelle était vidé les granules de Zyklon B.

3ème photo :  Le Zyklon B est un insecticide mortel lorsqu’il atteint la température de 27°. Il a été testé dans le block 11 sur des prisonniers soviétiques avant d’être utilisé en masse pour l’extermination des personnes juives.

Photos du block 11 qui était le block prison et torture avec sa cours et son mur pour fusiller les condamnés. Remarquez les fenêtres occultées de manière à ce que les prisonniers ne voient pas ce qu’il s’y passait.

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Train

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Auschwitz II Birkenau, Pologne

Le camp de Auschwitz II Birkenau était organisé pour l’extermination de manière « industrielle ». Les trains arrivaient de toutes l’Europe. Le plus long voyage était de 6 jours (départ d’Athènes) sans manger, ni boire, ni arrêt sanitaire. Vivants, morts, excréments, bagages. Le tout dans un lieu exigu.

Le train arrivait dans l’enceinte même du camps II. Sur le quai était fait le tri. D’un coté les bagages (pour Kanada) de l’ autre 2 files :  les hommes et les femmes. Un officier – et à partir de 1943 le docteur  Josef Mengelet –  décide des personnes qui seront  gazées directement, celles pour le travail, et celles qui lui serviront de cobayes pour les expériences médicales. En bout de quai se trouvaient 5 bâtiments :  4 chambres à  gaz et l’endroit de stockage Canada. Le long de la voie ferrée : à gauche les bâtiments en brique des femmes, à droite les bâtiments en bois des hommes. Une prairie était destinée aux Tziganes ou Rom. Ils étaient ‘parqués » là sans obligation de travailler mais laissés à eux mêmes pour y mourir de faim, du typhus ou autres maladies.

Total : 1.300.000 de déportés, 1.100.000 de juifs,n 137.000 Polognais, 23.000 Roms, 15.000 Russes et 25.000 d’autres pays. 1.100.000 de morts dont 90% de juifs. Les chiffres sont approximatifs puisque les personnes exterminées directement n’étaient pas recensées et pas tatouées.

Cette industrie de la mort, cette logistique importante n’ont pas pu être mises en place sans une complicité passive de notre côté aussi. Il ne faut pas se dédouaner de nos responsabilités passées. L’Europe était antisémite, de manière directe ou passive. On a été indifférent. Donc ces camps n’étaient pas notre priorité :  ni à se renseigner sur ce qu’il s’y passait, ni à les libérer ou du moins à  en bombarder les voies de chemin de fer les alimentant. Pire, nos gouvernements ont fournit la liste de leur population juive. Certaines de nos industries ont même aidé à la déportation : IBM a vendu sa technologie et perfectionne ses fiches à trous pour répertorier les personnes juives. Nous avons été complices par omission mais si il est vraisemblable que la gravité de la situation n’était peut être pas connue. Quoique 6 millions de personnes ne disparaissent pas comme ça. Et dire que des responsables politiques parlent de « détails de l’histoire » et que leur mouvement pourrait être suivit par 25% des Français. Espérons un sursaut de bon sens d’ici 2017.

On ne doit pas non plus se dédouaner de nos responsabilités présentes : est ce qu’un anti islamisme latent ne nous laisserait pas indifférents à certains massacres loin de chez nous ? Est ce que notre volonte de confort ne nous ferme pas les yeux sur les mêmes camps de concentration en Corée du nord ? Il est étonnant de voir les mêmes bâtiments en 2015 sur notre planète sans intervention de notre part :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_concentration_de_Yodok

Je promets pour les prochaines photos, je parlerais moins.

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Photo d’une photo du musée.

Mengelet est au centre avec la casquette d’officier.

Valises

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Auschwitz, Pologne

Les photos montrant les casseroles, les produits d’entretien (cirage – brosses) ou les valises avec les noms et origines démontrent que les déportés juifs ne savaient pas qu’ils allaient dans des camps d’extermination. Les nazis leur avaient fait croire qu’ils partaient pour une région qui leur serait réservée.

Remarquez comme les noms et identifications sont soigneusement écrits.

Canada ou Kanada

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Auschwitz, Pologne

Pourquoi Canada ? Le Canada était vu comme le pays rêvé vu d’Europe : paix et prospérité. Dans le camp d’ Auschwitz Birkenau on nommait Canada l’ endroit où étaient triés les objets pris aux déportés. Les prisonniers travaillant aux tris étaient considérés comme privilégiés quant aux conditions de travail. Ils ont permis de substituer, au péril de leur vie, des biens permettant un confort vitale à d’autres prisonniers.

Les objets dérobés étaient renvoyés en Allemagne ou servaient de matière première à des usines. Entre autre 2 tonnes d’or mais cela allait jusqu’à réutiliser les cheveux des victimes pour en faire de la toile de jute, dans les coussins ou même dans les interstices des coques des sous-marins U boot.

Il y a 70 ans

 

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Auschwitz II Birkenau, Pologne

Le 27 janvier 1945, ces portes s’ouvraient. Les nazis avaient détruit les 3 chambres à gaz restantes pour tenter de ne pas laisser de traces. Un grosse partie des prisonniers avaient du quitter les 2 camps à marche forcée. La marche de la mort a eu lieu le 17 ou 18 janvier par moins 25 degrés. Marche pendant 3 jours et 2 nuits puis transport dans des wagons à ciel ouvert. Arrivée à Gleiwitz. 

Gilbert Michlin raconte son arrivée à Gleiwitz :  » nous sommes laissés dans le camp, sans surveillance, mais pour ainsi dire abandonnés, livrés à nous-même… le camp est transformé en véritable enfer où tout le monde tape comme il peut, sur qui il peut, pour tenter de trouver, ou de conserver, un peu de chaleur et de repos.. »

Pour en savoir plus sur les marches forces et les évacuations des camps : http://www.cercleshoah.org/spip.php?article264

La photo est celle de l’entrée des bâtiments des femmes. 

Regards

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Auschwitz I, Pologne

Deux grands oncles. Deux destins différents. Deux exceptions. L’un à Dachau puis Buchenwald. L’autre à Mauthausen. L’un en revient. L’autre pas. L’un emprisonné car passeur. L’autre opposant politique au nazisme. M. Hendricks. M.Moreau. Quelques part il doit y avoir leur regard.                                                          

Et la vie est plus forte

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Auschwitz I, Pologne

Un détail du mur d’exécution où étaient fusillés les prisonniers pour avoir manger une pomme, oublier de saluer, fait ses besoins en-dehors des heures prévues,…

Par ce détail montrant une partie du mur et les petites pierres de commémoration, je voulais montrer que la masse destructive n’est pas arrivée à tuer la vie.

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Auschwitz I, Pologne